Comment l’hypnose peut accompagner le vécu traumatique

A la suite d’un événement traumatisant, bon nombre de personnes continuent de vivre avec des cauchemars, une hypervigilance ou une anxiété latente. On parle alors de traumatisme psychique ou de trouble de stress post-traumatique. Découvrons comment l’hypnose thérapeutique peut devenir un outil de soin pertinent afin de soutenir un chemin de guérison à travers des approches comme l’EFT, l’EMDR ou encore la TCC.
Qu’appelle-t-on un traumatisme psychique ?
Par définition, l’on parle de traumatisme psychique lorsqu’un événement bien particulier va dépasser les capacités habituelles d’un individu à s’adapter. Ici, cela va provoquer un véritable effondrement mental et un sentiment de forte vulnérabilité. Cet événement peut être un deuil, un accident, une agression, des violences répétées ou encore un traumatisme d’enfance.
En soi, le traumatisme ne dépend pas vraiment de sa “gravité”, mais plus de la façon dont il est vécu par la personne. Par exemple, deux personnes vivant la même situation peuvent avoir un ressenti complètement différent. Alors que le premier va développer un TSPT (Trouble de Stress Post-Traumatique), l’autre va aller de l’avant sans problèmes. Cette variante s’explique par une histoire personnelle bien précise, des ressources internes ou encore par l’entourage et le soutien reçu.
Par ailleurs, les professionnels décrivent souvent plusieurs phases dans le traumatisme. Une phase où l’organisme se mobilise, une phase d’adaptation où la personne tente de rester debout et, enfin, une phase d’épuisement où les ressources se trouvent débordées. Dans ce cas, cela mène à des troubles anxieux ou dépressifs.
Comment le traumatisme s’inscrit-il dans la psychisme et le corps ?
Contrairement à certaines idées reçues, le traumatisme n’est pas juste un “souvenir”. Il entraîne, au contraire, une véritable modification dans le fonctionnement cérébral. C’est notamment ce qui explique qu’un individu peut avoir l’impression que l’événement est toujours en cours et qu’il est dans l’impossibilité de le ranger dans le passé.
Sur le plan psychique et émotionnel, les symptômes vont alors devenir fréquents : cauchemars, hypervigilance, difficultés de concentration, culpabilité, honte, détachement affectif, et la liste est encore longue.
Le corps est également concerné : troubles du sommeil, tensions musculaires, douleurs somatiques, troubles digestifs ou encore fatigue chronique. Tous ces symptômes sont particulièrement courants pour les personnes atteintes d’un trouble du stress post-traumatique. Dans un sens, le système nerveux autonome reste comme bloqué et en état d’alerte. L’individu va se sentir perpétuellement en danger, ce qui va alimenter son stress et son sentiment d’épuisement.
Face à ce cercle vicieux, de nombreuses approches thérapeutiques intègrent la notion de traumatisme comme l’EMDR, les TCC (Thérapies Cognitives-Comportementales) ou encore l’hypnose, qui permet d’agir à la fois sur le corps, les émotions et le psychisme.
En quoi l’hypnose peut-elle aider face à un traumatisme ?
Une séance d’hypnose thérapeutique permet la création d’un état de conscience modifié, souvent appelé l’état de transe. Dans ce cadre sécurisé, le patient peut revisiter son vécu traumatique de façon indirecte et progressive.
Plusieurs mécanismes peuvent être mis en place par l’hypnothérapeute pour traiter ces traumatismes psychiques :
- Une dissociation progressive entre le souvenir et la charge émotionnelle, comme si le patient regardait le “film” de son traumatisme, pour en diminuer tout son impact ;
- Une réinterprétation du traumatisme via le travail symbolique et les suggestions, ce qui donne un sens différent à ce qui s’est réellement passé ;
- Une réduction des reviviscences, des flashbacks et des cauchemars, à l’aide de la désensibilisation émotionnelle.
L’hypnose va alors agir sur les troubles du sommeil et l’anxiété pour rééquilibrer le système nerveux autonome en renforçant la sensation de sécurité intérieure.
Hypnose et traumatisme : dans quels cas est-ce pertinent ?
L’hypnose thérapeutique peut être intéressante pour les traumatismes dits “simples”, c’est-à-dire s’ils sont clairement identifiés. Dans ce cas, la personne va présenter des symptômes anxieux, des cauchemars récurrents ou encore des comportements d’évitements.
Dans le cas de troubles de stress post-traumatiques nettement plus complexes – violences dans l’enfance, traumas répétées -, alors l’hypnose va trouver sa place au sein d’un parcours global incluant des thérapies du type EMDR ou TCC. Ce qui va permettre de réguler les émotions et de renforcer la résilience.
Cependant, le recours à l’hypnose va toujours dépendre d’une évaluation clinique. Des addictions sévères, des troubles psychotiques ou une présence d’idées suicidaires vont imposer une réelle prudence. L’hypnose ne remplace jamais un traitement de fond, mais contribue à mieux supporter l’anxiété et la gestion des émotions au quotidien.
Hypnose, EMDR, EFT : quelles différences dans l’accompagnement du traumatisme ?
Dans le traitement des traumatismes, plusieurs méthodes se font face, comme l’hypnose, l’EMDR ou l’EFT. Selon l’histoire du patient et ses symptômes, elles peuvent, comme nous allons le voir, se révéler complémentaires car s’inscrivant dans une même approche intégrative.
Hypnose et trauma : approche indirecte et symbolique
Dans le cas de l’hypnose, le travail passe essentiellement par la symbolique, les métaphores ainsi que les images mentales. Le patient peut être invité à observer son traumatisme à distance, à le transformer ou à réécrire une issue plus satisfaisante. Cette approche est appréciée par les personnes ayant peur de se replonger trop frontalement dans leur traumatisme. De plus, l’hypnose peut aussi être utilisée pour compléter une séance d’EMDR et ainsi, consolider des perceptions positives.
EMDR et trauma : traitement par stimulation bilatérale
L’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) repose sur la stimulation bilatérale – tapotements, mouvements oculaires – pendant que la personne se reconnecte à son souvenir traumatique. Cette stimulation va alors aider le cerveau à reclasser ces souvenirs, pour en réduire toute la charge émotionnelle et, donc, l’intensité des symptômes. L’EMDR représente un vrai bon choix, notamment si le trauma est clairement identifié.
EFT et trauma : régulation émotionnelle
Une séance EFT (Emotional Freedom Techniques) appartient aux approches psycho-énergétiques. C’est-à-dire qu’elle combine la focalisation d’un souvenir, d’une émotion ou d’une pensée avec la stimulation d’une partie du corps, via des tapotements. Son objectif est donc de diminuer l’intensité émotionnelle associées aux souvenirs, en agissant sur le système émotionnel et corporel.
L’hypnose est-elle sans danger en cas de traumatisme ?
En compagnie d’un hypnothérapeute parfaitement formé aux psychotraumatismes, l’hypnose peut être considérée comme une approche à la fois douce et respectueuse. Elle permet généralement de progresser étape par étape, en favorisant une libération émotionnelle progressive.
Néanmoins, revisiter des événements douloureux peut réveiller des émotions intenses, des cauchemars ou encore une anxiété accrue, notamment au début des séances. D’où l’importance d’un cadre sécurisant et d’une évaluation clinique rigoureuse, effectuée en amont.
L’hypnose ne doit, en aucun cas, être considérée comme une solution miracle, mais davantage comme une composante d’un parcours de soin. Au même titre que l’EMDR, les TTC ou encore la psychothérapie psychodynamique.
FAQ 
L’hypnose peut-elle effacer un traumatisme ?
Non, l’hypnose n’a pas pour but de faire “disparaître” un traumatisme. Mais elle peut en modifier la perception et diminuer la charge émotionnelle afin de l’intégrer comme une simple partie d’une histoire de vie. Et plus seulement comme un élément de bascule.
Peut-on revivre le trauma sous hypnose ?
L’objectif de l’hypnose n’est pas de revivre ce moment, mais plutôt de le regarder avec de la distance, un peu comme un film. Le thérapeute est formé pour utiliser la dissociation afin d’éviter une ré-exposition traumatisante.
Combien de séances sont nécessaires ?
C’est variable selon la nature du traumatisme, l’ancienneté des symptômes ou la présence d’autres troubles, comme la dépression ou les addictions. Dans certains cas de TSPT, une association entre l’EMDR/hypnose peut apporter une amélioration en seulement quelques séances.
Hypnose et stress post-traumatique : est-ce adapté ??
L’hypnose Ericksonienne est reconnue pour apaiser les symptômes du TSPT : reviviscences, anxiété, cauchemars, troubles du sommeil, etc. Elle est d’ailleurs encore plus efficace dans un parcours de soin comprenant psychothérapie, médication et, si besoin, approches corporelles.
L’hypnose remplace-t-elle un suivi médical ?
Non, l’hypnose ne remplace pas un suivi médical ou psychiatrique. Surtout en présence d’un TSPT important. Elle vient simplement en complément d’un parcours de soin pour faciliter la régulation émotionnelle et la reconstruction intérieure.