L’hypnose est-elle dangereuse ? La vérité sur les risques et la sécurité

Pratique reconnue pour ses nombreux bienfaits thérapeutiques, l’hypnose est généralement sans aucun danger. Cependant, le risque 0 n’existe pas. Surtout en cas de mauvaise pratique ou d’une fragilité psychologique non-détectée. À travers ce guide, découvrons la vérité sur les risques liés à la pratique de l’hypnose. 

L’hypnose est-elle dangereuse ? Réponse simple et immédiate

Popularisée par ce que l’on appelle l’hypnose de spectacle, la discipline de l’hypnose intrigue de plus en plus de Français. Mais beaucoup se posent la question : l’hypnose est-elle réellement sans danger ? 

Et bien, en soi, l’hypnose n’est pas dangereuse pour le patient. Celui-ci est placé dans un état de conscience très particulier, que l’on appelle l’état de transe, phénomène durant lequel sa conscience est modifiée, mais néanmoins jamais absente. Cependant, les potentiels risques peuvent venir d’un encadrement inadéquat, d’un praticien non-formé et manquant d’expérience, ou encore de contre-indications non respectées. 
Pour une personne tout à fait saine et sans antécédents psychiatriques, elle reste sûre et efficace si elle est menée par un hypnothérapeute formé dans une école spécialisée. Ce qui est aussi vrai pour l’hypnose ericksonienne, méthode d’hypnose moderne de plus en plus favorisée ces dernières années.

Guide gratuit · 9 pages

Après une séance d’hypnose :
ce qui est normal, ce qui ne l’est pas

Les six réactions les plus fréquentes et leur durée, l’effet rebond décodé, la frontière qui doit vous alerter, et une fiche 48 heures à garder sous la main. Extrait de nos supports de formation.

Recevoir le guide →Gratuit · PDF par email · sans engagement

Peut-on perdre le contrôle sous hypnose ?

Même si l’idée que le patient est totalement hors de contrôle lors d’une séance est dans l’imaginaire collectif, il s’agit surtout d’une idée reçue. Au contraire, la personne sous hypnose ne perd jamais conscience et reste maîtresse d’elle-même. 

Elle reste consciente pendant toute la durée de la séance et ne fera jamais quelque chose contre sa volonté, pouvant également interrompre la séance à tout moment. L’hypnose a simplement pour but de faciliter l’accès à l’inconscient à travers un effet de transe, où l’état de conscience est modifié. Durant cette période, le praticien sert de guide, mais le patient a toujours la maitrise sur son état physique et mental. 

L’hypnose est-elle dangereuse pour la santé mentale ?

Une autre idée reçue dans la tête du grand public viserait à dire que l’hypnose serait également un potentiel danger pour la santé mentale. Une idée fausse, car l’hypnose n’a aucun effet néfaste sur le mental du patient. Cependant, il serait bon de nuancer le propos. 

Car l’hypnose peut néanmoins révéler ou amplifier certaines fragilités psychologiques sous-jacentes, dont le patient n’aurait peut-être pas conscience. On peut alors parler de traumatismes du passé non-résolus, d’une anxiété importante, voire même d’une dépression. 

Dans ce cas, l’hypnose peut aggraver les symptômes pour les personnes souffrant de troubles assez graves. Quant aux effets secondaires, ils peuvent survenir bien sûr. Mais ils restent passagers et disparaissent très vite. Comme une somnolence temporaire ou un état émotionnel persistant après une séance en compagnie d’un professionnel.  

Par ailleurs, une étude basée sur le rapport « Évaluation de l’efficacité de la pratique de l’hypnose » a été rédigée par l’Inserm en juin 2015. Elle permet d’aller plus loin sur le contenu, les limites et les potentiels dangers de l’hypnose. 

Hypnose thérapeutique et hypnose de spectacle : deux mondes opposés

Lorsque l’on parle d’hypnose, deux écoles peuvent s’opposer. L’hypnose thérapeutique qui vise à accompagner un patient et l’hypnose de spectacle, de plus en plus popularisée ces dernières années par de nombreux artistes et/ou humoristes français. On pense évidemment à l’hypnotiseur Messmer, régulièrement en spectacle à Paris et dans toute la France. Mais les deux disciplines sont finalement incomparables, car elles n’ont pas du tout la même visée. 

Tout d’abord, parlons de l’hypnose thérapeutique qui vise à accompagner le patient, mais toujours en respectant ses problématiques, ses choix et son bien-être mental. L’hypnose, dans ce cas, devient un vrai complément à un suivi médical, même si elle n’est pas recommandée aux individus souffrant de pathologies sévères. Lors d’une hypnose thérapeutique, le praticien est un vrai guide, il accompagne la personne à chaque étape, notamment lorsque celui-ci est dans un état de transe. 

En revanche, l’hypnose de spectacle met en avant l’effet visuel et surtout spectaculaire de cette discipline. Le but est vraiment d’avoir un côté divertissant pour le public ou les spectateurs. Les sujets, eux, sont souvent mis en pression, car la méthode joue parfois avec le stress et le côté “surprenant” de l’hypnose. 

En définitive, les deux pratiques utilisent des états similaires – l’effet de transe -, mais les méthodes, les intentions et la déontologie sont très différentes. C’est cette confusion qui peut induire certaines personnes en erreur, les laissant penser que l’hypnose est une pratique dangereuse et parfois même, traumatisante. 

Hypnose ericksonienne, humaniste, auto-hypnose : les risques changent-ils selon la méthode ?

On parle souvent de « l’hypnose » comme d’un bloc unique. Dans la pratique, les approches diffèrent, et la question du danger ne se pose pas de la même façon selon la méthode employée. L’hypnose ericksonienne repose sur des suggestions indirectes, des métaphores, un langage permissif. Vous gardez la main : le praticien propose, il n’impose rien. Le « danger » tient moins à la technique qu’à la personne qui la manie. Un accompagnant mal formé reste le vrai facteur de risque, pas la méthode en elle-même.

L’hypnose humaniste fonctionne à l’inverse de l’image habituelle. Au lieu de vous plonger vers l’intérieur, elle vous amène vers un « état augmenté de conscience » : vous restez pleinement présent, éveillé, acteur. Certaines personnes en ressortent avec des émotions qui remontent, parfois des larmes. Rien d’inquiétant en soi, mais un accompagnement de qualité fait la différence quand quelque chose de sensible se présente. Quant à l’auto-hypnose, elle se pratique seule, chez vous. Le principal écueil n’a rien de spectaculaire : s’endormir, ou choisir un moment inadapté. On ne pratique jamais l’auto-hypnose au volant, ni en surveillant un enfant dans un bain. Le cadre compte autant que la technique.

Les effets secondaires réels de l’hypnose

Les effets secondaires existent, mais ils n’ont pas grand-chose à voir avec ce que montrent les films. Ils sont légers, transitoires, et disparaissent en général dans l’heure. Voici ce que rapportent le plus souvent les personnes après une séance :

  • Une sensation de flottement ou de tête un peu « cotonneuse » au réveil de la transe ;
  • Une fatigue passagère, comme après une sieste profonde ;
  • Des émotions qui affleurent : quelques larmes, un soupir de soulagement ;
  • Plus rarement, un léger mal de tête, souvent lié à la fatigue ou à la déshydratation.

Un point mérite d’être signalé, car il revient dans les études sérieuses : le risque de « faux souvenirs ». Sous suggestion, l’esprit peut reconstruire un souvenir influencé par les mots du praticien. C’est justement pour cette raison qu’un professionnel formé reste neutre, ne souffle jamais de contenu, et n’utilise pas l’hypnose pour « retrouver » des événements enfouis à la légère. Bien menée, une séance vous laisse plutôt détendu, un peu ralenti, et parfaitement vous-même.

Les contre-indications : dans quels cas l’hypnose n’est pas indiquée

L’hypnose n’est pas un soin universel, et un praticien honnête vous le dira. Certaines situations demandent de la prudence, voire l’avis préalable d’un médecin. Les troubles psychiatriques sévères en font partie : schizophrénie, troubles dissociatifs marqués, épisodes psychotiques, paranoïa importante. Dans ces cas, la modification de l’état de conscience peut être déstabilisante, et l’accompagnement relève alors d’un cadre médical, pas d’un cabinet d’hypnose seul.

La prudence s’impose aussi pour l’épilepsie, pour certains troubles neurologiques, et pendant une phase psychologique très fragile. Retenez une règle simple : l’hypnose accompagne et complète un suivi médical, elle ne le remplace jamais. Si vous êtes suivi pour un trouble de santé, parlez-en à votre médecin ou à votre psychiatre avant d’entamer des séances. Un bon praticien travaille avec les soignants, pas contre eux. Il oriente vers un professionnel de santé dès que la demande dépasse son champ.

Avis négatifs et mauvaises expériences : d’où viennent-ils vraiment ?

On trouve des retours déçus sur l’hypnose, et il serait malhonnête de les balayer. En regardant de près, ils tournent presque toujours autour des mêmes points. Le plus fréquent : « je n’ai rien senti ». La personne s’attendait à un endormissement spectaculaire, à une bascule nette, et repart avec l’impression qu’il ne s’est « rien passé ». Or l’état hypnotique ressemble davantage à une rêverie profonde qu’à un sommeil. On reste conscient, on entend tout : cette lucidité fait douter, à tort, de l’efficacité de la séance.

Les autres griefs pointent souvent le cadre plutôt que la méthode : une promesse de résultat en une séance qui ne tient pas, un praticien peu formé, un accompagnement expédié. L’hypnose n’agit pas comme un interrupteur, et un seul rendez-vous suffit rarement pour un sujet installé depuis des années. Une déception vient fréquemment d’une attente mal calibrée au départ. C’est aussi pour cela que le choix de la personne qui vous accompagne pèse autant que la technique elle-même.

Comment choisir un praticien sérieux

Puisque le vrai facteur de sécurité, c’est l’humain en face de vous, autant savoir le repérer. Quelques signaux distinguent un accompagnant solide d’un improvisateur :

  • Une formation identifiable, un parcours qu’il assume et détaille sans détour ;
  • Aucune promesse de guérison, aucun « je vous garantis un résultat » : il parle d’accompagnement, pas de miracle ;
  • Un premier échange où il pose des questions, cerne votre demande, et sait dire non si l’hypnose n’est pas adaptée ;
  • Une orientation naturelle vers votre médecin dès qu’un sujet médical se présente ;
  • Un cadre clair : tarifs, nombre de séances estimé, confidentialité.

Fiez-vous aussi à votre ressenti lors du premier contact. Vous confiez un morceau de votre intimité : la confiance doit s’installer dès les premières minutes. Un praticien qui écoute, qui explique ce qu’il fait et pourquoi, qui ne vous presse pas : voilà le meilleur rempart contre une mauvaise expérience. C’est d’ailleurs cette exigence de sérieux qui sépare l’hypnose d’accompagnement du numéro de scène.

À lire aussi : Auto-hypnose : les dangers réels, les fausses peurs et les 6 règles de sécurité · Contre-indications de l’hypnose : troubles psychiatriques, épilepsie, médicaments, ce que le praticien vérifie