Que peut apporter l’hypnose face aux TOC ?

Dans le but de soulager les personnes souffrant de troubles obsessionnels compulsifs (TOC), le recours à l’hypnose offre une approche complémentaire intéressante. Celle-ci va agir sur l’anxiété sous-jacente et les mécanismes inconscients. Sans pour autant remplacer des thérapies de référence, l’hypnose permet de renforcer un réel contrôle émotionnel.
Qu’est-ce qu’un TOC ?
Ce que l’on nomme le trouble obsessionnel compulsif est plus connu sous l’acronyme TOC. Il s’agit d’un trouble anxieux qui se caractérise par deux composantes majeures, les obsessions et les compulsions.
Ici, les obsessions sont des images, des pensées ou encore des impulsions récurrentes qui vont générer une angoisse profonde chez le patient. Ces pensées sont perçues comme étant irrationnelles et inappropriées, y compris par le patient lui-même, car elles s’imposent à lui et il est difficile, voire impossible, de les contrôler.
Pour tenter de neutraliser cette forte anxiété, la personne met en place des compulsions. Ce sont des comportements répétitifs ou des actes mentaux qu’elle se sent obligée de réaliser selon des actes strictes. Au sein de la vie quotidienne, ce trouble peut devenir particulièrement handicapant, car il envahit à la fois la vie personnelle et professionnelle du patient.
Les traitement reconnus des TOC aujourd’hui
Afin de réduire la fréquence des symptômes et améliorer la qualité de vie du patient, certains traitements existent pour lutter contre les troubles obsessionnels compulsifs.
Thérapies cognitives et comportementales (TCC)
Tout d’abord, nous avons la TCC qui est souvent considérée comme le traitement psychopathérapeute le plus adapté pour les TOC. Il repose sur la technique d’exposition avec prévention de la réponse (EPR), où le patient est confronté à la situation qui est l’élément déclencheur de son obsession. C’est un travail qui permet alors au cerveau de s’habituer à l’angoisse jusqu’à ce que celle-ci diminue progressivement et naturellement, brisant ainsi ce cercle vicieux.
Médicaments : dans quels cas sont-ils proposés ?
La prescription de médicaments peut intervenir à partir du moment où les symptômes deviennent trop importants et que la thérapie seule ne suffit pas. Généralement, le corps médical prescrit des antidépresseurs de la famille des Inhibiteurs Sélectifs de la Recapture de la Sérotonine (ISRS), utilisés à des doses plus élevées que pour une dépression dite classique. Dans ce cas, la prise de médicaments va aider à réguler les émotions et à réduire l’intensité des obsessions.
Pourquoi chercher des approches complémentaires ?
Malgré l’efficacité des deux traitements proposés ci-dessus, on note qu’environ 30 à 40% des patients n’y répondent pas suffisamment via les médicaments ou la TCC. Dans ce cas, certains cherchent des approches complémentaires afin de travailler sur l’origine émotionnelle de leurs angoisses. Certaines techniques, comme l’hypnose, vont permettre d’aborder le trouble sous un tout nouvel angle, en ciblant le ressenti corporel et l’inconscient.
Hypnose et TOC : quels mécanismes d’actions possibles ?
Malgré la croyance populaire, l’hypnose thérapeutique n’a pas pour but de supprimer le TOC, mais de modifier le rapport du patient à ses pensées et à son anxiété. Durant ce que l’on appelle l’état de transe, le patient est plongé dans un état hypnotique ce qui permet au praticien en hypnose de travailler sur le rééquilibrage du système nerveux.
Il s’agit d’un processus qui va favoriser la création de nouvelles associations mentales dans le but de remplacer les automatismes compulsifs par des réactions plus calmes.
Il faut également savoir que durant une séance d’hypnose, le travail sur la gestion des émotions est tout simplement central. Ici, l’hypnothérapeute aide le patient à se détacher de ses pensées-pièges, en renforçant son sentiment de sécurité et son contrôle personnel. Cette approche a pour but d’apaiser sa peur de l’imprévu qui est l’une des caractéristiques clé de son comportement obsessionnel.
Quelles autres thérapies complémentaires pour les TOC ?
Servant de complément à l’hypnose, d’autres techniques peuvent permettre de soulager les symptômes des TOC. Ces approches visent essentiellement à la libération émotionnelle et/ou au traitement de traumatismes qui pourraient alimenter ce trouble.
- Une séance EFT (Emotional Freedom Techniques) qui permet de diminuer l’intensité du stress grâce à la stimulation de points d’acupuncture bien spécifiques ;
- Une séance d’EMDR, notamment si les TOC sont liés à des chocs émotionnels ou à un stress post-traumatique ;
La méditation en pleine conscience ou la sophrologie peuvent offrir des outils concrets pour un meilleur ancrage dans le moment présent, ce qui implique de calmer l’agitation mentale du patient.
FAQ 
L’hypnose est-elle efficace contre les TOC ?
Oui, l’hypnose montre des résultats significatifs afin de réduire l’anxiété liée aux TOC. Bien entendu, il ne s’agit pas d’un remède miracle, mais en complément d’un traitement médical ou d’une thérapie cognitivo-comportementale, elle permet d’assouplir les rituels et d’améliorer le confort de vie du patient.
L’hypnose est-elle adaptée aux enfants et aux adolescents souffrant de TOC ?
Oui, l’hypnose pour les enfants ou pour les adolescents est adaptée car elle utilise souvent le jeu et l’imaginaire. Ce sont des méthodes de soin qui vont permettre aux plus jeunes d’apprivoiser leurs angoisses sans la lourdeur d’une thérapie purement verbale.
Quelle est la règle des 15 minutes pour les TOC ?
Cette règle consiste à faire retarder la réalisation d’une compulsion de 15 minutes dès lors qu’une obsession surgit. Ce délai permet de briser le rituel, démontrant alors au cerveau que le stress peut diminuer de lui-même.
Qu’est-ce que la règle 3-3-3 pour les TOC ?
Il s’agit d’une technique d’ancrage servant à stopper une crise d’angoisse. Pour cela, il vous suffit d’identifier 3 choses que vous voyez, 3 sons que vous entendez et, enfin, de bouger 3 parties de votre corps. Cet exercice a pour objectif de détourner l’attention du patient de ses pensées obsessionnelles.
Comment puis-je calmer une crise de TOC ?
Pour contrer une crise, il est recommandé d’utiliser des techniques de respiration profonde afin de ralentir le rythme cardiaque. Il est également possible de s’ancrer dans le moment présent avec la règle 3-3-3 pour court-circuiter la montée des angoisses.