gros plan sur deux personnes assises se touchant les doigts en face à face

La ronde EFT : le déroulé complet, la phrase de préparation et la gamme des 9 actions

💡 En bref : une ronde EFT enchaîne cinq temps : évaluer l’intensité sur l’échelle SUD de 0 à 10, répéter 3 fois la phrase de préparation en tapotant le point karaté, tapoter 8 points du visage et du buste environ 7 fois chacun avec une phrase de rappel, puis réévaluer. Une ronde prend 2 à 4 minutes ; la gamme des 9 actions s’ajoute seulement quand l’intensité stagne.

Quand j’ai relu le module 1 de notre formation EFT avec l’équipe, j’ai compté : la ronde tient sur une page. Et pourtant, en supervision, je vois des praticiens la réciter comme une poésie apprise par cœur, en oubliant la seule chose qui compte, le chiffre avant et le chiffre après. Voici le déroulé tel que nous l’enseignons, avec les erreurs que je corrige le plus souvent.

Qu’est-ce qu’une ronde EFT, exactement ?

Une ronde EFT est une séquence complète de tapotements sur les points méridiens, encadrée par une évaluation avant et une évaluation après. Notre manuel de formation module 1 la résume ainsi : on choisit un problème précis, on mesure son intensité, on lève l’inversion psychologique avec la phrase de préparation, on tapote la séquence, on remesure. Sans la mesure, il n’y a pas de ronde ; il y a des tapotements.

Le mot « ronde » vient de la boucle : on fait le tour des points, on revient au chiffre, on recommence si besoin. Gary Craig, qui a simplifié la TFT de Roger Callahan en 1993, appelle l’ensemble la « recette de base ». Chez Harmonesis, nous gardons ce vocabulaire de cuisine, parce qu’il dit bien une chose : la recette se suit dans l’ordre, mais elle se goûte à chaque étape.

Comment évalue-t-on l’intensité avant de commencer ?

On demande à la personne de noter, de 0 à 10, la gêne qu’elle ressent maintenant en pensant au problème. C’est l’échelle SUD (Subjective Units of Distress), que le manuel appelle aussi SUE, intensité subjective. Le chiffre est subjectif, et c’est très bien : il appartient à la personne, pas au praticien.

Le piège, c’est la cible trop large. « Je suis stressé » ne se tapote pas. Notre manuel donne l’exemple à retenir : plutôt que « je n’ai pas confiance en moi », on cherche « ce jour où j’ai bafouillé à mon entretien d’embauche ». Une image, une sensation dans le corps, une émotion, un chiffre, une pensée sur soi : ce sont les cinq points de clarification que nos stagiaires remplissent avant chaque pratique en binôme.

  • Une seule cible par ronde, la plus intense d’abord si plusieurs se présentent.
  • Un chiffre noté par écrit, pas un « ça va » approximatif.
  • Une sensation corporelle localisée quand le souvenir manque : « ce nœud dans le ventre ».
  • Une pensée sur soi formulée à la première personne, du type « je ne suis pas à la hauteur ».

À quoi sert la phrase de préparation sur le point karaté ?

La phrase de préparation lève ce que l’EFT appelle l’inversion psychologique : une résistance inconsciente au changement, comparée dans notre manuel à des piles insérées à l’envers. La formule de base est « Même si j’ai ce problème, je m’aime et je m’accepte totalement ». On la répète trois fois en tapotant le point karaté, sur le tranchant de la main, ou en frottant le point sensible sous la clavicule.

Faut-il y croire ? Non. Le manuel est clair là-dessus : il n’est pas nécessaire d’adhérer à la phrase pour qu’elle agisse, il suffit de la dire, à voix haute de préférence. Ce qui compte, c’est la précision de la première moitié. « Même si cette colère me crispe les épaules quand je repense à la réunion de lundi » vaut mieux que « même si je suis en colère ».

💡 À retenir : Le point karaté se situe au centre du tranchant de la main, entre le poignet et la base de l’auriculaire. Tapotez fermement, avec deux doigts, sans vous faire mal.

Quels points tapote-t-on, dans quel ordre, et que dit-on ?

La séquence standard enchaîne huit points, du haut du visage vers le buste, environ sept tapotements par point avec le bout de l’index et du majeur. À chaque point, on prononce la phrase de rappel : un mot ou un bout de phrase qui garde l’attention sur le problème, par exemple « cette boule au ventre ». Le sommet de la tête, facultatif dans la recette de base, s’ajoute dans les rondes positives.

PointOùExemple de phrase de rappel
Début du sourcilÀ la naissance du sourcil, au-dessus du nez« Cette boule au ventre »
Coin de l’œilSur l’os externe de l’œil« Cette peur de parler »
Sous l’œilSur l’os, 2 à 3 cm sous la pupille« Toujours cette boule »
Sous le nezEntre le nez et la lèvre supérieure« Je revois la salle de réunion »
MentonDans la fossette sous la lèvre inférieure« Cette tension »
Sous la claviculeÀ la jonction sternum, clavicule, première côte« Cette peur d’être jugé »
Sous le brasEnviron 10 cm sous l’aisselle« Cette boule au ventre »
Sous le seinOù le sein rejoint la cage thoracique« Ce reste de peur »

Vous remarquerez que la phrase de rappel change un peu d’un point à l’autre. C’est volontaire. Notre manuel précise que répéter exactement la même formule d’une ronde à l’autre finit par perdre son effet ; on garde le fil, on varie les mots.

Que fait-on après la ronde : comment réévalue-t-on ?

On respire, on revient à la cible, on redonne un chiffre. Trois cas se présentent. Si l’intensité est à 0, on vérifie en repensant à la scène avec ses cinq sens, et on passe à un autre aspect. Si elle a baissé sans tomber à 0, on refait une ronde en ajustant la phrase : « Même si j’ai encore une légère angoisse… ». Si rien ne bouge, on cherche ce qui bloque avant de tapoter davantage.

  1. Redonner un chiffre de 0 à 10, sans négocier.
  2. Si le chiffre a baissé, refaire une ronde avec une phrase ajustée au reste.
  3. Si le chiffre stagne, chercher un autre aspect : une sensation, une image, une émotion derrière l’émotion.
  4. Ne pas s’arrêter à « ça va mieux » : le manuel demande le 0 sur l’aspect travaillé.

Quand ajoute-t-on la gamme des 9 actions ?

La gamme des 9 actions entre en jeu quand plusieurs rondes classiques ne font plus bouger le chiffre, ou quand la personne est très mentale, ou au contraire submergée. Notre manuel module 1 la décrit comme une technique « inspirée de la kinésiologie et du Brain Gym », qui stimule le cerveau par des mouvements oculaires, un fredonnement et un comptage, tout en tapotant le point de gamme, sur le dos de la main entre l’annulaire et l’auriculaire, pendant une dizaine de secondes.

Les neuf actions dans l’ordre : fermer les yeux, ouvrir les yeux, regarder en bas à droite sans bouger la tête, en bas à gauche, rouler les yeux dans un sens, puis dans l’autre, fredonner un petit air, compter de 1 à 5, fredonner à nouveau. On intercale la gamme entre deux séquences de points ; c’est ce qu’on appelle la version longue, qui inclut aussi les points des doigts.

✅ Le bon réflexe : Un fredonnement peut réveiller un souvenir, une berceuse par exemple. Si une émotion remonte, on la traite avec une ronde, ou on change simplement de mélodie.

Quelles sont les erreurs les plus fréquentes dans une ronde ?

En pratique encadrée, je corrige presque toujours les mêmes quatre choses. La cible floue, d’abord : on tapote « le stress » au lieu d’une scène. L’oubli de la mesure, ensuite : on enchaîne trois rondes sans chiffre, et personne ne sait si quelque chose a changé. La phrase de préparation bâclée, dite une fois du bout des lèvres. Et l’arrêt trop tôt, à 3 ou 4, parce que la personne dit « ça va ».

Il y a une cinquième erreur, plus subtile : introduire du positif trop vite. Notre manuel consacre un passage entier à « l’importance d’aborder le négatif » : reconnaître la pierre dans le sac à dos avant de l’enlever. La phrase de préparation contient déjà son positif, « je m’aime et je m’accepte ». Le reste vient après, avec la technique du choix.

Combien de rondes enchaîne-t-on dans une séance ?

Autant que la cible le demande, et rarement plus de cinq ou six sur le même aspect. Une séance chez un praticien dure 45 à 60 minutes et traite en général deux à quatre aspects, chacun avec ses rondes. Notre manuel donne un repère pour la Paix sans Peine, en module 2 : trois à quatre rondes ramènent souvent l’intensité entre 0 et 3. En auto-pratique, une à trois rondes sur un stress du jour suffisent ; au-delà, on tourne en rond.

Et si l’intensité ne descend jamais ? On change d’aspect, on revient plus tard. Gary Craig compare le problème à une forêt : couper des branches ne change rien, déraciner un arbre à la fois ouvre une clairière. Sur un souvenir lourd ou un trauma, on ne s’acharne pas seul : c’est le travail d’un praticien formé, dans un cadre sécurisé, et avec un médecin ou un psychologue dans la boucle si la souffrance dépasse le quotidien.

Que fait un praticien EFT en plus d’une ronde bien faite ?

Il pose les bonnes questions avant, et il tient le cadre pendant. Avant : les cinq points de clarification, l’exploration des origines (« quel souvenir du passé refait surface ? »), les déclencheurs actuels. Pendant : il observe le corps, le souffle court, les épaules qui montent, et il ajuste la phrase de rappel à ce qui émerge. Après : il vérifie par immersion mentale ou par amplification délibérée que la charge est bien tombée.

« J’avais appris la ronde sur une vidéo, je la faisais tous les soirs, et ça marchait à moitié. En formation, la formatrice m’a fait noter un chiffre avant et après, et cibler une scène au lieu de mon anxiété en général. Je suis passée de 7 à 1 sur une ronde, devant tout le groupe. »

Nadia, 44 ans, ancienne assistante de direction, Lyon

Tout cela s’apprend en binôme, sous l’œil d’un formateur, avec un manuel qui reste ouvert sur la table. Dans notre formation EFT en 6 jours (98 heures, 2 500 €, cursus complet hors CPF), la ronde est pratiquée dès le premier après-midi et reprise chaque jour avec une technique de plus. Pour situer la ronde dans une séance entière, lisez le déroulement d’une séance d’EFT ; pour les points et leur logique, notre guide sur les points méridiens ; et si vous vous demandez à quel rythme pratiquer, combien de fois par jour faire de l’EFT.

Note : Cette approche s’inscrit dans le cadre du bien-être et ne saurait remplacer une consultation auprès d’un professionnel de santé.

Sarah Rattana, responsable pédagogique EMDR

Rédigé par

Sarah Rattana

Responsable pédagogique EMDR chez Harmonesis · Kinésiologue certifiée. Formée à l’EMDR (AHTMA), elle conçoit et supervise le cursus EMDR d’Harmonesis selon l’approche « Sécurité Intégrative ».