
Technique du coffre et technique du choix en EFT : sécuriser une émotion forte, puis installer une alternative
Par Sarah Rattana
TEMPS DE LECTURE : 8 minutes
💡 En bref : la technique du coffre sert à contenir, par la visualisation et quelques tapotements, une émotion non résolue jusqu’à la séance suivante. La technique du choix, créée par Patricia Carrington, remplace la fin de la phrase de préparation par « je choisis… » et se tapote en 3 rondes : le problème, l’alternative, puis les deux en alternance. Chez Harmonesis, les deux sont enseignées au 3e jour de formation.
Quand nous avons construit le niveau 1 de notre formation EFT, la question s’est posée : faut-il enseigner le coffre avant ou après les souvenirs ? Nous avons tranché pour avant, et je ne l’ai jamais regretté. En pratique encadrée, il suffit d’une stagiaire en larmes à 17 h 45, un vendredi, pour comprendre qu’on ne laisse pas quelqu’un repartir avec un sac ouvert.
À quoi sert la technique du coffre en EFT ?
Notre manuel de formation module 1 la définit en une phrase : la technique du coffre contient les émotions non résolues, sécurise le client et prépare les séances futures. C’est un outil de fermeture. On l’utilise quand une séance touche à sa fin alors qu’une émotion ou un souvenir reste actif, et qu’il serait imprudent de continuer.
Le coffre ne fait pas disparaître l’émotion, et c’est important de le dire au consultant. Il la met de côté, en lieu sûr, pour qu’elle ne déborde pas sur la soirée, la nuit, la semaine. La personne repart en sachant qu’elle pourra rouvrir le coffre avec son praticien, à son rythme. Notre manuel précise que chaque pratique en binôme de la journée peut reprendre avec le coffre de la pratique précédente.
⚠️ Précaution : Le coffre ne remplace pas une orientation. Si ce qui est remonté relève d’un trauma important ou d’une détresse, le praticien oriente vers un médecin, un psychologue ou un praticien EMDR, et le 3114 en cas d’idées noires.
Comment se déroule la technique du coffre, étape par étape ?
Le manuel la décrit en cinq étapes, avec un texte guidé que le praticien dit lentement. Voici le déroulé, avec les formulations que nous faisons pratiquer.
- Visualisation du coffre : la personne ferme les yeux et imagine un coffre ou une boîte, de la forme, de la taille et de la matière qu’elle veut, assez robuste pour contenir tout ce qu’elle souhaite y mettre.
- Transfert des émotions : elle place, une par une, sans se presser, les émotions et les souvenirs encore présents dans le coffre, en sachant qu’elle pourra y revenir.
- Fermeture : elle ferme le coffre avec une clé, un cadenas ou tout autre mécanisme, puis le range dans un endroit sûr, une pièce imaginaire, un coffre-fort, sous un lit.
- Tapotement d’apaisement : on tapote les points en répétant « Même si ces émotions ne sont pas encore résolues, je choisis de me sentir calme et sécurisé maintenant », puis « Tout est sous contrôle, et je peux y revenir lorsque je suis prêt ».
- Clôture : la personne ouvre les yeux, revient à l’instant présent, et l’on vérifie comment elle se sent.
Le détail qui change tout, c’est la liberté laissée à la personne. Un coffre en bois, un coffre-fort, une boîte à chaussures : peu importe. Ce qui compte, c’est qu’elle y croie assez pour y ranger quelque chose. Je vois parfois des praticiens imposer « un coffre en métal » ; la personne hoche la tête, et rien ne se range.
Comment rouvrir le coffre à la séance suivante ?
Avec la même douceur. Notre manuel prévoit une reprise en cinq temps : un rappel qui vérifie comment la personne se sent à l’idée de rouvrir le coffre, une visualisation du coffre à l’endroit où elle l’a laissé, le choix d’une seule émotion ou d’un seul souvenir à sortir, le travail EFT habituel sur cet élément, puis une réévaluation et, si nécessaire, une nouvelle fermeture.
La phrase du manuel à retenir est celle-ci : on peut toujours laisser des éléments dans le coffre si l’on préfère y revenir plus tard. Personne n’est obligé de tout vider. C’est ce qui rend l’outil sûr, et c’est ce qui permet d’avancer sur des vécus lourds sans les ouvrir tous d’un coup.
Qu’est-ce que la technique du choix en EFT ?
La technique du choix, ou Choices Method, a été créée par la psychologue américaine Patricia Carrington. Notre manuel la présente comme une façon de réduire les tensions émotionnelles en intégrant une alternative positive : on reconnaît le problème, et on introduit une solution motivante. Elle apporte trois choses selon le manuel : la baisse des tensions liées au problème, un sentiment de prise de contrôle grâce aux mots « je choisis », et un équilibre entre l’acceptation du problème et une perspective positive.
Elle arrive après le travail sur le négatif, pas à sa place. Notre manuel consacre un passage à « l’importance d’aborder le négatif » avec l’image du sac à dos rempli de pierres : tant qu’on ne l’ouvre pas, impossible d’en retirer une seule. La technique du choix vient ensuite, quand les pierres les plus lourdes sont sorties et qu’il faut décider de ce qu’on met à la place.
Comment se déroule la technique du choix, ronde par ronde ?
Le protocole du manuel tient en quatre étapes. On identifie le problème et on l’évalue de 0 à 10. On choisit une alternative positive, motivante, même si elle paraît peu réaliste au départ. On construit la phrase de préparation : « Même si j’ai ce problème, je choisis de le remplacer par cette solution », en insistant sur « je choisis », prononcé avec conviction. Puis on tapote trois rondes.
| Ronde | Ce qu’on dit sur chaque point | Exemple |
|---|---|---|
| Préparation (point karaté, 3 fois) | Le problème, puis le choix | « Même si je ressens de l’anxiété, je choisis de me sentir calme et confiant » |
| 1re ronde | Le problème seul | « Cette anxiété » |
| 2e ronde (avec le sommet de la tête) | L’alternative seule | « Je choisis de me sentir calme et confiant » |
| 3e ronde (avec le sommet de la tête) | Problème et alternative, en alternant d’un point à l’autre | « Cette anxiété » / « Je choisis de me sentir calme » |
| Clôture | Une phrase positive et rassurante | « Je choisis de vivre dans la sérénité et la confiance » |
Le point du sommet de la tête, facultatif dans la recette de base, s’ajoute dans les rondes positives. C’est une convention du manuel que nos stagiaires retiennent vite, parce qu’elle marque physiquement le passage du problème à l’alternative.
L’alternative se construit avec la personne, jamais à sa place. Voici quelques exemples de formulations que nos stagiaires travaillent en binôme, à adapter aux mots de chacun.
- Peur de parler en réunion : « Même si j’ai peur qu’on me juge quand je prends la parole, je choisis de dire ce que je pense avec calme. »
- Croyance d’incompétence : « Même si je crois que je ne suis pas assez compétent pour ce poste, je choisis de reconnaître ce que je sais déjà faire. »
- Colère contre un proche : « Même si je suis encore en colère contre ma sœur, je choisis de me libérer de ce poids pour moi. »
- Appréhension d’un examen : « Même si j’ai peur de perdre mes moyens, je choisis de me sentir concentrée et présente le jour J. »
Remarquez que chaque choix reste crédible. « Je choisis d’adorer les réunions » ne tiendrait pas une ronde. Notre manuel autorise une alternative « peu réaliste au départ », à condition qu’elle soit motivante ; en pratique, je conseille de rester à un pas de là où se trouve la personne, pas à dix. Et si la phrase déclenche un « oui mais », c’est un nouvel aspect à tapoter avant de revenir au choix.
Coffre ou choix : quand utiliser l’un, quand utiliser l’autre ?
Ce ne sont pas deux variantes du même outil. Le coffre protège, le choix construit. On ne propose pas une alternative positive à quelqu’un qui est submergé ; on commence par contenir. Et on ne range pas dans un coffre ce qui est déjà redescendu à 1 ; on consolide avec un choix.
| Situation | Outil | Pourquoi |
|---|---|---|
| Fin de séance, émotion encore à 6 ou plus | Coffre | Contenir jusqu’au rendez-vous suivant |
| Souvenir qui surgit, trop intense pour être travaillé maintenant | Coffre | Mettre de côté sans l’ouvrir |
| Intensité ramenée à 2 ou moins sur un aspect | Choix | Installer une alternative à la place |
| Croyance limitante identifiée (« je ne suis pas assez compétent ») | Choix | Formuler et tapoter une nouvelle position |
| Personne hésitante à nommer ses émotions | Choix, avec prudence | Le positif aide parfois à ouvrir la porte |
Quelles erreurs voit-on le plus souvent avec ces deux techniques ?
- Utiliser le choix trop tôt, pour éviter de regarder le problème : la phrase sonne creux et le chiffre ne bouge pas.
- Choisir une alternative au conditionnel ou négative (« je choisis de ne plus avoir peur ») au lieu d’un état désiré (« je choisis de me sentir en sécurité »).
- Fermer le coffre en deux phrases, à la hâte, sans laisser le temps de ranger une émotion après l’autre.
- Oublier de rouvrir le coffre à la séance suivante, ou le rouvrir en entier d’un coup.
La deuxième erreur est la plus subtile. Notre manuel donne des exemples au présent et à l’affirmatif : « Je choisis de remplacer mon anxiété par un sentiment de paix intérieure. » Le cerveau entend mal les négations, et « ne plus avoir peur » garde la peur au centre de la phrase. Si vous doutez de l’effet réel d’une ronde qui vous a secoué, notre article sur les effets secondaires et les limites de l’EFT fait le point.
« Le deuxième jour, j’ai tiré un souvenir de mon père que je n’avais pas prévu de travailler. On n’avait plus le temps. La formatrice m’a guidée pour le coffre, un vieux coffre à jouets en bois. Je l’ai rouvert le lendemain matin, en binôme, et on n’a sorti qu’une seule chose. J’ai compris ce jour-là ce que voulait dire sécuriser. »
Mathilde, 41 ans, ancienne chargée de communication, Bordeaux
Pourquoi un praticien enseigne-t-il ces outils avant les souvenirs lourds ?
Parce qu’on n’ouvre pas une porte sans savoir la refermer. Dans notre formation EFT de 6 jours (98 heures, 2 500 €, hors CPF), le coffre et le choix arrivent au troisième jour, juste après la recette de base, la version longue et la gamme des 9 actions, et juste avant les techniques du niveau 2 qui travaillent les souvenirs : récit, Movie Technique, Paix sans Peine. Pour revoir la séquence des points, lisez la ronde EFT pas à pas, notre article sur le tapping EFT, ou notre guide sur les points méridiens.
Note : Cette approche s’inscrit dans le cadre du bien-être et ne saurait remplacer une consultation auprès d’un professionnel de santé.
FAQ 
Qu’est-ce que la technique du coffre en EFT ?
C’est une technique de fermeture qui permet de contenir temporairement des émotions ou des souvenirs non résolus. La personne imagine un coffre solide, y range ce qui déborde, le ferme et le place en lieu sûr, puis on tapote pour renforcer l’apaisement. Le contenu pourra être repris à la séance suivante.
Peut-on utiliser la technique du coffre seul ?
Oui, sous une forme simple, pour mettre de côté une émotion qui déborde après une ronde. Il vaut mieux noter ce qu’on a rangé et le reprendre ensuite avec un praticien. Si le malaise persiste ou s’aggrave, un médecin ou un psychologue doit être consulté.
Qui a créé la technique du choix ?
La technique du choix, ou Choices Method, a été créée par la psychologue américaine Patricia Carrington. Elle introduit une alternative positive dans la phrase de préparation avec les mots « je choisis ». Elle est enseignée au niveau 1 de la formation EFT d’Harmonesis.
Quelle phrase utiliser pour la technique du choix ?
La structure est : « Même si j’ai ce problème, je choisis de le remplacer par cette solution. » Par exemple : « Même si je ressens de l’anxiété, je choisis de me sentir calme et confiant. » L’alternative se formule au présent et à l’affirmatif, sur un état désiré.
Combien de rondes faut-il pour la technique du choix ?
Trois rondes : la première sur le problème seul, la deuxième sur l’alternative seule, la troisième en alternant les deux d’un point à l’autre. Le sommet de la tête s’ajoute dans les deux rondes positives. On termine par une phrase positive et on réévalue l’intensité.
Pourquoi ne pas commencer directement par le positif ?
Parce qu’une alternative dite avant d’avoir reconnu le problème sonne souvent faux et agit peu. L’EFT travaille d’abord la réalité émotionnelle, sans jugement, pour la faire baisser. Le positif vient ensuite consolider ce qui a changé.
Faut-il rouvrir le coffre à chaque séance ?
On le rouvre à la séance suivante, avec l’accord de la personne et à son rythme. On n’en sort qu’une émotion ou un souvenir à la fois, et l’on peut laisser le reste à l’intérieur. Si nécessaire, on referme le coffre en fin de séance.
Coffre et choix sont-ils utilisés dans d’autres méthodes ?
Des outils de visualisation proches du coffre existent dans d’autres approches, comme le contenant en EMDR ou certaines techniques d’hypnose. La technique du choix est propre au courant de l’EFT. Leur point commun est de renforcer la sécurité et le sentiment de contrôle de la personne.

Rédigé par
Sarah Rattana
Responsable pédagogique EMDR chez Harmonesis · Kinésiologue certifiée. Formée à l’EMDR (AHTMA), elle conçoit et supervise le cursus EMDR d’Harmonesis selon l’approche « Sécurité Intégrative ».