DU d’hypnose : pour qui, à quelles conditions, et ce qui le distingue d’une formation d’école

💡 En bref : le DU d’hypnose est un diplôme d’université, créé par chaque université, généralement réservé aux professionnels de santé : médecins, infirmiers, sages-femmes, kinésithérapeutes, chirurgiens-dentistes, psychologues selon les cas. Il compte souvent 100 à 150 heures sur une année, pour 1 500 à 3 000 €. Il vise l’hypnose intégrée au soin. Ni le DU ni une formation d’école ne confèrent de titre protégé d’hypnothérapeute.

Chaque trimestre, je reçois des candidatures au stage Premiers Pas accompagnées d’un message du type : « j’ai été refusée au DU, est-ce que votre formation vaut la même chose ? ». La question est légitime, mais elle part d’un malentendu. Un DU et une formation d’école ne visent pas la même pratique ni le même public. Voici ce qui les distingue, sans hiérarchie artificielle, pour que vous choisissiez selon votre profil.

Qu’est-ce qu’un DU d’hypnose ?

C’est un diplôme propre à une université, qui atteste le suivi et la réussite d’un enseignement conçu par cette université. À la différence d’une licence ou d’un master, le DU n’est pas un diplôme national : son contenu, son volume et ses conditions d’accès varient d’un établissement à l’autre. Certains sont portés par plusieurs universités à la fois, sous le nom de diplôme interuniversitaire (DIU).

En hypnose, ces diplômes sont le plus souvent rattachés à une faculté de médecine ou de santé, et orientés vers l’hypnose médicale : hypnoanalgésie, accompagnement des soins douloureux ou anxiogènes, anesthésie, parfois psychothérapie pour les professionnels habilités. Notre article sur l’hypnose médicale détaille ces usages.

Comment se déroule un DU, concrètement ?

Le plus souvent en plusieurs sessions de quelques jours réparties sur l’année universitaire, compatibles avec un emploi du temps de soignant. Les enseignements alternent cours théoriques, démonstrations et ateliers pratiques. La validation passe généralement par un examen et, dans bien des cas, un mémoire qui décrit l’utilisation de l’hypnose dans sa pratique. Certaines universités demandent aussi un temps d’observation dans un service. Là encore, chaque brochure fixe ses propres modalités.

Qui peut s’inscrire à un DU d’hypnose ?

Dans la plupart des cas, uniquement des professionnels de santé en exercice ou en fin de formation. La liste exacte dépend de chaque université : certaines admettent les médecins et les chirurgiens-dentistes seulement, d’autres ouvrent aux infirmiers, aux sages-femmes, aux kinésithérapeutes, aux psychologues ou aux psychomotriciens. L’inscription se fait sur dossier, parfois après un entretien, et le nombre de places est limité.

  • Profils fréquemment admis : médecins, chirurgiens-dentistes, sages-femmes, infirmiers, psychologues.
  • Profils admis selon les universités : kinésithérapeutes, psychomotriciens, manipulateurs en radiologie, aides-soignants dans quelques cas.
  • Profils rarement admis : personnes en reconversion sans diplôme de santé, coachs, praticiens du bien-être.
  • Documents souvent demandés : diplôme de santé, justificatif d’exercice, lettre de motivation, parfois un projet d’utilisation de l’hypnose dans le service.

💡 À retenir : Les conditions d’admission changent d’une université et d’une année à l’autre. Vérifiez toujours la brochure de l’année en cours sur le site de l’université avant de construire votre projet.

Pourquoi un non-soignant n’accède-t-il pas au DU ?

Parce que le DU est pensé pour intégrer l’hypnose à un exercice de santé existant. Les techniques enseignées, comme l’hypnoanalgésie pendant un soin, s’exercent dans le cadre des compétences d’un professionnel de santé. Le manuel Premiers Pas d’Harmonesis le rappelle à propos des usages médicaux de l’hypnose, comme l’anesthésie ou la chirurgie dentaire : ces pratiques « requièrent une formation spécifique et sont réservées aux professions médicales habilitées ».

Un non-soignant n’a pas vocation à conduire une hypnoanalgésie pendant une intervention. En revanche, il peut accompagner le stress, le sommeil, la confiance en soi ou les habitudes, dans le champ du bien-être, en orientant vers un médecin quand un symptôme le justifie. C’est à ce métier que préparent les formations d’école.

Un refus au DU ne dit donc rien de vos capacités. Il signale seulement que votre projet ne relève pas du cadre pour lequel ce diplôme a été créé. Je le dis souvent aux candidats déçus : ce qui compte, c’est que la formation choisie corresponde au métier que vous voulez exercer, avec suffisamment de pratique encadrée pour le faire en sécurité.

DU, école privée ou auto-formation : quelles différences ?

La différence principale tient à l’accès et à la finalité. Le tableau ci-dessous compare les trois voies sur les critères que les futurs stagiaires me demandent le plus souvent.

CritèreDU d’hypnoseÉcole privée (exemple Harmonesis)Auto-formation
AccèsProfessionnels de santé, sur dossierSans prérequis de diplômeLibre
VolumeSouvent 100 à 150 heures sur une année universitaire172 heures : 72 h de cours sur 11 jours + 100 h de mise en situationVariable, sans encadrement
ContenuHypnose médicale, douleur, soins, rechercheSéance complète, outils de transformation, douleur, enfants, installationThéorie, scripts, auto-hypnose
Pratique encadréeVariable selon les universités, souvent en groupePratique en binôme chaque après-midi, 10 stagiaires en moyenne par sessionAucune
ValidationExamen, souvent mémoireTests de connaissance et certification d’hypnothérapeuteAucune
Coût indicatifSouvent 1 500 à 3 000 €3 500 € (500 € + 3 000 €), étalement possibleQuelques dizaines d’euros de livres
Débouché viséHypnose intégrée à un exercice de santéActivité d’hypnothérapeute, en libéral ou en complément d’un métierCulture personnelle, auto-hypnose

Aucune de ces trois voies ne délivre de titre protégé, puisqu’il n’existe pas de titre réglementé d’hypnothérapeute. Le DU n’est pas non plus un titre inscrit au répertoire national des certifications professionnelles, et il ne donne pas accès au CPF à ce titre. Nous avons détaillé les différents sens du mot certifiante dans notre article sur les formations hypnose certifiantes.

Que confère un DU d’hypnose, et que ne confère-t-il pas ?

Il confère une compétence attestée par une université, reconnue dans le milieu hospitalier, et une légitimité pour intégrer l’hypnose dans les soins. Pour un infirmier ou une sage-femme, c’est un argument solide face à un employeur. Mais il ne transforme pas un soignant en psychothérapeute, titre protégé qui obéit à ses propres conditions, et il n’élargit pas son champ de compétence légal.

  • Ce que le DU apporte : un cadre universitaire, une légitimité en établissement de santé, un réseau de soignants formés.
  • Ce qu’il ne donne pas : un droit d’exercer un acte hors de son diplôme de santé, un titre d’hypnothérapeute protégé, un remboursement des séances.

Et la formation d’école ? Elle atteste un parcours et des compétences évaluées, sans titre d’État non plus. Les deux documents ont une valeur réelle, pour des usages différents. La question des formations officiellement reconnues est traitée dans notre article dédié.

Que contient une formation d’école par rapport à un DU ?

Une formation d’école est construite pour conduire des séances complètes avec des consultants, du premier entretien à la clôture. Le programme d’hypnose d’Harmonesis enchaîne le stage Premiers Pas, puis trois modules. Le dernier, Praticien, consacre une journée à la douleur, avec pour objectifs de « mettre en œuvre l’hypnose pour la gestion de la douleur » et de « découvrir les usages médicaux de l’hypnose en milieu hospitalier ou libéral ». Suivent une journée sur les troubles psychosomatiques et la régression, et une journée sur les enfants et les adolescents.

La grande différence tient au volume de pratique supervisée et à la préparation à l’installation. Chaque après-midi se passe en binôme sous le regard du formateur, et un module en e-learning couvre l’administratif, la gestion comptable et le marketing du cabinet. Un DU, lui, ne prépare pas à ouvrir un cabinet d’hypnothérapeute, parce que ce n’est pas son objet.

✅ Le bon réflexe : Un soignant peut suivre les deux voies : le DU pour l’usage hospitalier, une formation d’école pour la conduite de séances complètes et une éventuelle activité à part. Beaucoup commencent par l’une et complètent plus tard.

« Je suis sage-femme en maternité. Le DU m’a donné la légitimité pour proposer l’hypnose pendant le travail. Deux ans plus tard, j’ai suivi une formation d’école pour recevoir des femmes enceintes en séances de préparation, en dehors de l’hôpital. Les deux se complètent très bien. »

Aurélie, 45 ans, sage-femme, Lyon

Comment choisir entre un DU et une formation d’école selon son profil ?

Partez de ce que vous voulez faire le lundi matin qui suit la formation. Voici les quatre profils que je rencontre le plus souvent, et la voie qui leur correspond en général.

  1. Vous êtes soignant et voulez utiliser l’hypnose uniquement pendant vos soins, à l’hôpital ou en clinique : le DU est la voie la plus naturelle, si vous y êtes admis.
  2. Vous êtes soignant et voulez aussi recevoir des consultants en séances, en libéral : une formation d’école, seule ou après un DU, vous donnera la pratique de la séance complète et l’installation.
  3. Vous êtes en reconversion sans diplôme de santé : le DU vous est le plus souvent fermé, et une formation d’école est la voie adaptée à un projet d’hypnothérapeute.
  4. Vous êtes psychologue : les deux voies sont possibles, selon que vous voulez un cadre universitaire ou un volume important de pratique en binôme.

Pour les soignants qui hésitent, notre article sur la formation en hypnose pour infirmiers, kinés et sages-femmes détaille le cadre d’usage dans les soins. Et pour tous les profils, notre cursus d’hypnothérapeute sur 6 mois est accessible sans prérequis de diplôme, pour 3 500 € tout compris (stage Premiers Pas inclus), hors CPF. Et quel que soit votre choix, gardez en tête que la formation initiale n’est qu’un début : la supervision et la formation continue font la qualité d’un praticien sur la durée. Je vous conseille de commencer par le stage Premiers Pas : deux jours suffisent pour savoir si la pratique vous correspond, quel que soit votre parcours.

Quelles questions poser avant de s’inscrire, DU ou école ?

Les mêmes, dans les deux cas, parce qu’elles portent sur ce que vous saurez faire à la fin. J’en retiens quatre.

  • Combien d’heures de pratique réelle, avec un partenaire et un formateur présent ?
  • Comment les compétences sont-elles évaluées : examen écrit, mémoire, mise en situation observée ?
  • Les formateurs pratiquent-ils l’hypnose aujourd’hui, à l’hôpital ou en cabinet ?
  • Quelles limites de pratique sont enseignées, et comment l’orientation vers un médecin ou un psychologue est-elle abordée ?

Note : Cette approche s’inscrit dans le cadre du bien-être et ne saurait remplacer une consultation auprès d’un professionnel de santé.

Sarah Rattana, responsable pédagogique EMDR

Rédigé par

Sarah Rattana

Responsable pédagogique EMDR chez Harmonesis · Kinésiologue certifiée. Formée à l’EMDR (AHTMA), elle conçoit et supervise le cursus EMDR d’Harmonesis selon l’approche « Sécurité Intégrative ».