personne penchant la tête et plaçant une main derrière l’oreille pour mieux écouter

Auto-hypnose : comment la pratiquer en 5 étapes, avec un exercice de 10 minutes

💡 En bref : l’auto-hypnose consiste à entrer seul dans un état de transe légère pour travailler une intention simple : détente, sommeil, trac. Elle tient en 5 étapes (préparer, entrer, approfondir, suggérer, revenir) et se pratique 10 à 20 minutes, idéalement chaque jour. Notre manuel de formation le dit sans détour : la profondeur de la transe n’est pas déterminante, la régularité l’est.

À chaque stage Premiers Pas, quelqu’un vient me voir à la pause : « Et tout seul, chez moi, je peux le faire ? » Oui. J’ai même demandé à nos formateurs de faire vivre l’auto-hypnose aux stagiaires avant qu’ils apprennent à la transmettre, parce qu’on explique mal ce qu’on n’a jamais vécu. Voici la méthode que nous utilisons, écrite pour être pratiquée ce soir, et ses limites, dites franchement.

Qu’est-ce que l’auto-hypnose, et qu’est-ce qu’elle n’est pas ?

L’auto-hypnose est un état modifié de conscience que vous induisez vous-même, par la respiration, la focalisation et l’imagination, pour orienter votre attention vers un changement précis. Notre manuel Premiers Pas la présente comme un outil d’autonomie « pour gérer stress, douleur et concentration », dont l’efficacité « croît avec l’entraînement et la régularité ». Ce n’est pas du sommeil : vous entendez les bruits de la rue, vous pouvez ouvrir les yeux quand vous voulez. C’est l’absorption que vous connaissez déjà devant un bon roman ou sur une autoroute monotone, mais cette fois dirigée.

La différence avec la relaxation ? La relaxation s’arrête à la détente. L’auto-hypnose se sert de la détente comme d’une porte d’entrée, puis y dépose une suggestion : une phrase, une image, un geste d’ancrage que vous retrouverez dans la journée. Et la différence avec la méditation tient à l’intention. La méditation observe ce qui est là ; l’auto-hypnose oriente vers ce que vous voulez.

Quelles sont les 5 étapes de l’auto-hypnose ?

Les cinq étapes reprennent la marche à suivre de la fiche « Auto-hypnose » de notre guide pratique pour praticiens, resserrée pour un usage personnel. Chacune a une fonction ; en sauter une, c’est souvent ce qui donne l’impression que « ça ne marche pas ».

ÉtapeCe que vous faitesDurée indicative
1. PréparerLieu calme, position stable, durée fixée, une seule intention, deux fusibles1 minute
2. EntrerSignal d’entrée (geste, respiration), fixation d’un point ou spirale sensorielle2 minutes
3. ApprofondirCompter à rebours, descendre un escalier, laisser le corps s’alourdir2 à 3 minutes
4. SuggérerSouvenir ressource, ancrage, phrase au « tu », positive et au présent3 à 10 minutes
5. RevenirCompter de 1 à 5, bouger doigts et pieds, ouvrir les yeux, noter1 à 2 minutes

Deux détails du manuel Niveau 2 changent tout. D’abord le tutoiement : se parler mentalement en « tu » crée une petite distance, comme si une voix bienveillante vous guidait, et cette dissociation facilite la transe. Ensuite le signal d’entrée, toujours le même (pouce contre index, main posée sur le ventre) : répété chaque jour, il finit par déclencher l’état presque seul.

Comment préparer une séance d’auto-hypnose ?

Choisissez un moment où personne ne vous dérangera pendant un quart d’heure, coupez les notifications, asseyez-vous dans un fauteuil qui soutient la nuque. Puis fixez une intention, une seule, formulée positivement : « me sentir calme avant la réunion de lundi », plutôt que « ne plus stresser ». La fiche de notre guide le résume en quatre mots : « une intention unique et réaliste ».

Reste une étape que les débutants oublient presque toujours : les fusibles. Ce sont deux phrases de protection que vous vous dites avant de commencer. Notre manuel Niveau 2 en propose deux, que je vous conseille de reprendre telles quelles :

  • « Si quelqu’un entre, tu reviendras immédiatement ici et maintenant. »
  • « Si un souvenir difficile apparaît, tu le verras comme spectateur, sans émotion. »

Un exercice d’auto-hypnose de 10 minutes, pas à pas

Voici l’exercice que je propose aux stagiaires pour leur pratique personnelle entre deux modules. Lisez-le deux fois avant de commencer, ou enregistrez-le d’une voix lente sur votre téléphone. Intention pour une première fois : retrouver un calme utilisable dans la journée.

  1. Minute 0 à 1. Asseyez-vous, pieds à plat, mains sur les cuisses. Dites-vous : « Pendant dix minutes, tu prends ce temps pour toi. » Puis les deux fusibles.
  2. Minute 1 à 2. Posez une main sur le ventre et inspirez profondément : c’est votre signal d’entrée. Fixez un point un peu au-dessus de la ligne des yeux. Quand les paupières s’alourdissent, laissez-les se fermer.
  3. Minute 2 à 3. Spirale sensorielle : nommez intérieurement 3 sons que vous entendez et 3 sensations (le poids des mains, l’air sur la peau, le dossier contre le dos). Puis 2 sons et 2 sensations, puis 1 et 1.
  4. Minute 3 à 5. Comptez lentement de 10 à 1, un chiffre par expiration : « à chaque chiffre, tu descends un peu plus dans ce calme ». Imaginez un escalier, ou un sentier en pente douce si l’escalier ne vous parle pas.
  5. Minute 5 à 8. Laissez venir un souvenir où vous étiez calme et en sécurité. Retrouvez ce que vous voyiez, entendiez, ressentiez. Quand la sensation est la plus nette, pressez le pouce contre l’index quelques secondes : c’est votre ancrage.
  6. Minute 8 à 9. Formulez votre suggestion trois fois, avec de légères variations : « Chaque fois que tu presses ton pouce contre ton index, ce calme revient, facilement. »
  7. Minute 9 à 10. Comptez de 1 à 5 en reprenant de l’énergie à chaque chiffre, bougez doigts et pieds, inspirez, ouvrez les yeux. Restez assis trente secondes avant de vous lever.

✅ Le bon réflexe : Écrivez trois lignes après chaque pratique : ce qui a aidé, ce qui a gêné, ce que vous changerez demain. C’est la dernière étape de la fiche de notre guide, « noter l’expérience », et c’est elle qui transforme un essai en apprentissage.

Que peut-on travailler seul, et que faut-il confier à un praticien ?

L’auto-hypnose convient aux objectifs simples, actuels et peu chargés émotionnellement. Elle devient inadaptée quand l’objectif touche un souvenir douloureux ou une souffrance installée. La ligne de partage que j’enseigne est concrète : si le sujet vous serre la gorge rien qu’en y pensant, ce n’est pas un travail pour une pratique en solo.

  • Seul, sans difficulté : détente quotidienne, préparation d’un examen ou d’une prise de parole, endormissement, concentration, entretien d’une ressource installée en séance.
  • Seul, avec un œil sur les résultats : grignotage, procrastination, tensions liées au stress. Si rien ne bouge en un mois, un regard extérieur aide.
  • Avec un praticien : phobie intense, souvenir traumatique, deuil récent, habitude addictive installée.
  • Avec un médecin d’abord : douleur inexpliquée, insomnie qui dure, humeur très basse, trouble psychiatrique connu. L’auto-hypnose peut ensuite accompagner, jamais se substituer au suivi.

Pour le sommeil, j’ai détaillé un protocole du soir dans l’auto-hypnose pour dormir. Pour le trac, voyez l’hypnose pour la prise de parole en public. Et les situations où il vaut mieux s’abstenir sont listées dans notre article sur les dangers de l’auto-hypnose.

⚠️ Précaution : La pratique en solo est déconseillée en cas de trouble psychotique, d’épilepsie non stabilisée ou de souvenir traumatique jamais accompagné, et jamais au volant. Notre manuel le rappelle : l’auto-hypnose « ne remplace pas un suivi médical si nécessaire ». Si des idées noires apparaissent, appelez le 3114.

Quelles erreurs empêchent l’auto-hypnose de fonctionner ?

En supervision, les mêmes erreurs reviennent chez les stagiaires qui débutent leur pratique personnelle. Aucune n’est grave, toutes se corrigent en une semaine.

ErreurCe qui se passeCorrection
Chercher une transe profondeVous vous observez, donc vous restez en surfaceViser la régularité : une transe légère suffit
Suggestion négative (« je ne stresse plus »)L’esprit retient surtout « stress »Dire ce que vous voulez : « tu restes calme et clair »
Trois objectifs dans la même pratiqueAucun ne s’installe vraimentUne intention, gardée plusieurs jours de suite
Un signal d’entrée différent à chaque foisPas d’association, l’entrée reste laborieuseToujours le même geste, si possible à la même heure
Pratiquer au lit pour travailler un objectifVous vous endormez avant la suggestionAssis pour travailler, allongé seulement pour dormir
Sortie trop rapideTête lourde, sensation cotonneuseCompter de 1 à 5, bouger, attendre trente secondes

La plus fréquente reste la première. Je l’entends chaque mois : « je n’étais pas vraiment en transe ». Notre guide pratique donne aux praticiens une consigne face à cette phrase : « Ne pas discuter de profondeur. » Elle vaut pour vous. Si votre respiration a ralenti et que la minute 8 est arrivée plus vite que prévu, vous y étiez.

Au bout de combien de temps ressent-on quelque chose ?

La détente se sent souvent dès la première pratique ; l’effet de l’ancrage demande plutôt quelques semaines de répétition. C’est ce que je lis dans les carnets des stagiaires : les premiers jours, entrer en transe prend cinq bonnes minutes et l’esprit vagabonde. Après une quinzaine de pratiques, le signal d’entrée suffit presque, et le geste d’ancrage commence à produire quelque chose en pleine journée.

Notre manuel Niveau 2 situe la durée idéale entre 10 et 20 minutes, « quotidienne ou selon le besoin ». Mieux vaut dix minutes chaque jour qu’une heure le dimanche. Et si, après un mois de pratique régulière, rien n’a bougé sur votre objectif, ce n’est pas un échec personnel : l’objectif mérite souvent d’être reformulé, ou travaillé d’abord avec quelqu’un.

Faut-il un enregistrement, une application ou un livre pour apprendre ?

Non, mais ils aident au début. Un enregistrement de votre propre voix a un avantage réel : il reprend vos mots et votre souvenir ressource. Les applications offrent des voix agréables mais des suggestions génériques ; nous en avons passé plusieurs au crible dans notre article sur les applications d’hypnose. Un livre donne la théorie. Il ne vous dira pas que votre voix intérieure accélère à la minute 4.

« Je faisais l’exercice le soir, au lit, et je m’endormais au bout de trois minutes. Ma formatrice m’a simplement dit de m’asseoir. Maintenant je presse mon pouce contre l’index avant d’appeler un client difficile, et je sens mes épaules redescendre. »

Julien, 37 ans, commercial en reconversion, Toulouse

Comment l’auto-hypnose s’enseigne-t-elle dans la formation Harmonesis ?

Elle arrive tôt, en deux temps. Au stage Premiers Pas, les stagiaires vivent leurs premières transes et découvrent qu’il s’agit d’un état qu’ils connaissent déjà. Au deuxième module Technicien, ils apprennent à la transmettre : signal d’entrée, fusibles, autosuggestions, tâche entre deux séances. Notre guide pratique la range parmi les suites à proposer au consultant « lorsque cela a du sens », pour consolider une ressource et renforcer son autonomie.

Dans notre cursus d’hypnothérapeute (stage Premiers Pas de 2 jours puis 3 modules de 3 jours, 172 heures dont 100 heures de mise en situation professionnelle, 3 500 € au total dont 500 € pour le stage Premiers Pas), chaque stagiaire pratique sur lui-même avant de guider un binôme. Vous comprendrez vite pourquoi un consultant « n’y arrive pas » : vous serez passé par là.

Note : Cette approche s’inscrit dans le cadre du bien-être et ne saurait remplacer une consultation auprès d’un professionnel de santé.

Sarah Rattana, responsable pédagogique EMDR

Rédigé par

Sarah Rattana

Responsable pédagogique EMDR chez Harmonesis · Kinésiologue certifiée. Formée à l’EMDR (AHTMA), elle conçoit et supervise le cursus EMDR d’Harmonesis selon l’approche « Sécurité Intégrative ».