
EFT : effets secondaires, avis négatifs et limites, ce qu’il faut savoir avant de commencer
Par Sarah Rattana
TEMPS DE LECTURE : 9 minutes
💡 En bref : l’EFT peut provoquer des réactions passagères : fatigue, bâillements, larmes, émotion ou souvenir qui remonte, parfois une légère agitation le soir. Elles s’apaisent en général en quelques heures. Le vrai risque tient à l’auto-pratique sur un souvenir traumatique, sans cadre. L’EFT accompagne, elle ne pose pas de diagnostic et ne remplace pas un suivi médical ou psychologique.
Je préfère parler des effets secondaires de l’EFT avant que vous ne les découvriez seul, un soir, en tapotant sur un souvenir qui s’avère plus lourd que prévu. Dans les pratiques encadrées de notre formation, je vois ces réactions tous les mois. Elles n’ont rien d’inquiétant quand on sait les accueillir. Elles le deviennent quand personne ne vous a prévenu.
Quels effets secondaires peut-on ressentir après une ronde d’EFT ?
Les réactions les plus fréquentes sont physiques et brèves : bâillements, soupirs, envie de pleurer, chaleur, fatigue soudaine. Elles accompagnent souvent la baisse de tension. D’autres sont émotionnelles : une tristesse qui suit une colère, un souvenir oublié qui refait surface. Notre manuel module 2 le dit à propos de la technique du récit : travailler sur un souvenir « en dévoile parfois d’autres », qu’il faut accueillir sans jugement et noter pour plus tard.
| Réaction | Quand elle apparaît | Que faire |
|---|---|---|
| Bâillements, soupirs | Pendant ou juste après la ronde | Rien de particulier, laisser venir |
| Larmes, émotion qui déborde | Pendant la ronde | Continuer à tapoter doucement, respirer, ralentir |
| Fatigue, besoin de dormir | Dans les heures qui suivent | Se reposer, boire de l’eau, éviter d’enchaîner |
| Souvenir qui remonte | Pendant ou le lendemain | Le noter en un mot, le traiter plus tard ou en séance |
| Agitation, sommeil léger | Le soir même | Une ronde courte sur la sensation ; si ça dure, en parler |
| Intensité qui monte au lieu de baisser | En cours de ronde | S’arrêter, revenir au présent, consulter un praticien |
Pourquoi une émotion peut-elle remonter pendant le tapping ?
Parce qu’on dirige volontairement l’attention vers ce qui dérange. Notre manuel module 1 consacre un passage entier à « l’importance d’aborder le négatif » : on ne peut pas retirer les pierres d’un sac à dos sans l’ouvrir. Ouvrir le sac, c’est accepter qu’une émotion devienne plus présente pendant quelques instants avant de redescendre.
Le manuel signale aussi des déclencheurs inattendus. Dans la gamme des 9 actions, le fredonnement d’une chanson ou d’une berceuse peut réveiller un souvenir ; la consigne est alors de faire une ronde sur l’émotion qui arrive, ou de changer simplement de mélodie. Ce genre de détail, on ne le trouve pas dans une vidéo de trois minutes.
⚠️ Précaution : Si l’intensité dépasse 8 sur 10, notre manuel demande de prendre davantage de temps sur la préparation ou de faire des rondes préliminaires avant d’aborder le souvenir. En auto-pratique, c’est le signal pour s’arrêter.
Que disent vraiment les avis négatifs sur l’EFT ?
En les lisant, on retrouve surtout trois déceptions. La première : « ça ne marche pas ». Souvent, la personne a tapoté sur une cible très large, sans mesurer. Notre manuel liste les causes classiques d’une EFT qui ne fonctionne pas : inversion psychologique non traitée, énoncé trop vague, émotion cachée derrière l’émotion, aspects non identifiés, croyances limitantes, peur d’être débordé ou bénéfices secondaires.
La deuxième déception : « ça m’a fait plus de mal que de bien ». Là, il s’agit presque toujours d’un souvenir lourd travaillé seul, trop vite. La troisième est plus intellectuelle : « c’est de la pensée magique ». Et sur ce point, il faut être honnête. L’explication énergétique donnée par les fondateurs, une « rupture dans le système énergétique corporel », n’est pas démontrée scientifiquement. Notre propre manuel reconnaît qu’il « reste des efforts à faire pour prouver son efficacité scientifique ».
Les études disponibles et leurs limites méthodologiques sont détaillées dans notre article EFT : que dit la science ?. Pour une discussion du même type sur une autre méthode, vous pouvez lire les avis négatifs sur l’EMDR.
Il existe aussi un malentendu d’attentes, entretenu par des vidéos qui promettent tout en une minute. Une ronde peut faire baisser une peur de 8 à 2 dans l’instant, c’est vrai et c’est fréquent. Mais une anxiété installée depuis dix ans ne se dissout pas en une soirée, et personne de sérieux ne devrait le laisser croire. Quand un avis dit « j’ai été déçu », je lis souvent « on m’avait promis trop ».
Je ne balaie pas pour autant les critiques. Certaines personnes ne ressentent rien, même avec une cible bien posée et un praticien attentif. C’est une limite réelle, et elle mérite d’être dite : l’EFT ne convient pas à tout le monde, ni à tous les problèmes. Un praticien honnête le reconnaît après deux ou trois séances sans évolution, et propose une autre piste.
Quelles sont les limites de l’EFT ?
L’EFT est un outil d’accompagnement émotionnel, pas un traitement. Elle ne pose aucun diagnostic, ne remplace ni un médecin, ni un psychiatre, ni un psychologue, et ne dispense jamais d’un traitement prescrit. La page de notre formation le formule clairement : le praticien EFT oriente vers un professionnel de santé en cas de symptômes médicaux ou psychiatriques, et coopère avec lui.
- Une douleur physique inexpliquée se montre d’abord à un médecin, avant tout travail émotionnel.
- Une dépression, un trouble bipolaire, une psychose ou des idées suicidaires relèvent d’un suivi médical.
- Un traitement en cours ne s’arrête jamais sur la foi d’une amélioration ressentie.
- Les points d’urgence ne remplacent pas une intervention médicale : notre manuel le précise noir sur blanc.
Que faire si une ronde vous a secoué ?
D’abord, arrêter de chercher. Quand l’intensité monte au lieu de baisser, ou quand un souvenir arrive avec une force inattendue, la bonne décision n’est pas d’enchaîner les rondes jusqu’à ce que ça passe. C’est de revenir au présent, puis de mettre le reste de côté. Notre manuel module 1 donne une version guidée de la technique du coffre que je résume ici pour l’auto-pratique.
- Ouvrez les yeux, posez les pieds au sol, nommez à voix haute trois objets de la pièce.
- Respirez lentement, plusieurs fois, en allongeant l’expiration.
- Imaginez un coffre solide, de la forme et de la matière que vous voulez, et placez-y ce qui déborde, une chose après l’autre.
- Fermez-le avec une clé ou un cadenas, et rangez-le dans un endroit sûr de votre imagination.
- Tapotez doucement les points en disant : « Même si ces émotions ne sont pas encore résolues, je choisis de me sentir calme et en sécurité maintenant. »
- Notez en un mot ce qui est dans le coffre, et gardez-le pour une séance avec un praticien.
Le manuel formule la clôture ainsi : le coffre reste là, et l’on pourra reprendre exactement à ce point la prochaine fois. C’est rassurant, et c’est vrai. Si malgré tout le malaise persiste le lendemain, ou si vous vous sentez en danger, appelez votre médecin, un proche, ou le 3114 si des idées noires apparaissent.
Qui ne devrait pas pratiquer l’EFT seul ?
Les personnes qui portent un traumatisme important, celles qui se sentent facilement submergées, et celles qui traversent une période de grande fragilité. Notre manuel module 2 est explicite sur certaines techniques : la technique du Volcan, qui fait exprimer la colère sans retenue, « n’est pas recommandée pour les personnes hypersensibles ou facilement submergées par leurs émotions ». Des approches plus douces, comme la Paix sans Peine, sont alors à privilégier, et avec un praticien.
Autre prudence : la technique Try to Imagine, qui travaille sur des souvenirs flous par l’imaginaire. Le manuel met en garde contre la confusion entre imagination et réalité, et contre le risque de créer de faux souvenirs. L’objectif est de traiter les émotions associées, jamais de valider ou de reconstruire ce qui s’est passé. Seul, sans ce garde-fou, on peut vite glisser.
💡 À retenir : Pendant une crise d’angoisse, le manuel propose de stimuler le point sous la clavicule pendant une minute en respirant calmement. Si les symptômes sont inhabituels ou inquiétants, appelez le 15 : ces points sont un soutien en attendant, pas une réponse médicale.
Comment un praticien EFT formé sécurise-t-il une séance ?
Il dose. Avant de toucher un souvenir, il mesure l’intensité et choisit la porte d’entrée. Notre manuel donne des seuils précis : pour la Movie Technique, si l’intensité dépasse 5 sur 10, on fait d’abord des rondes pour la faire baisser ; pour la Paix sans Peine, on choisit un événement vieux d’au moins trois ans et on évalue l’intensité « par supposition », sans revoir la scène.
Il sait aussi fermer une séance qui n’est pas terminée. La technique du coffre, enseignée dès le troisième jour de formation, sert à contenir temporairement les émotions non résolues jusqu’au rendez-vous suivant. Je la considère comme l’outil de sécurité le plus sous-estimé de l’EFT. Et il sait passer la main : au médecin, au psychologue, ou à un praticien EMDR quand le vécu traumatique le demande.
Enfin, il implique la personne. Notre manuel recommande de la faire tapoter elle-même sur les points, sous la direction du praticien, pour qu’elle apprenne à utiliser la technique seule par la suite. Ce détail a une portée de sécurité : la personne garde la main sur son corps et sur son rythme, elle peut ralentir ou s’arrêter, et elle repart avec un outil qu’elle sait doser. En supervision, c’est l’un des premiers points que je vérifie.
Pour les enfants et les adolescents, la prudence est la même, avec deux règles de plus : l’accord des parents et l’accord de l’enfant lui-même, qui peut refuser. Un enfant qui ne dort plus, qui a peur d’aller à l’école ou qui a changé brusquement de comportement se montre d’abord au pédiatre.
- Clarifier le problème en cinq points avant de tapoter.
- Mesurer l’intensité et choisir une technique adaptée au chiffre.
- Avancer fragment par fragment, au rythme de la personne.
- Fermer avec le coffre si tout n’est pas résolu.
- Orienter vers un professionnel de santé dès qu’un symptôme le justifie.
« J’avais essayé l’EFT seule sur l’accident de mon frère, avec une vidéo. J’ai pleuré toute la soirée et je n’ai pas dormi. Avec le praticien, on a commencé par tout autre chose, et on n’a abordé l’accident qu’à la quatrième séance, par morceaux. Ce n’était plus du tout la même expérience. »
Sandrine, 47 ans, comptable, Clermont-Ferrand
Comment se former pour pratiquer l’EFT en sécurité ?
La sécurité émotionnelle ne s’apprend pas dans un livre. Dans la formation de praticien EFT d’Harmonesis (6 jours en présentiel, 98 heures, 2 500 €, hors CPF, 10 stagiaires en moyenne par session), chaque technique est pratiquée en binôme sous le regard d’un formateur, avec les seuils d’intensité, le coffre et les critères d’orientation. Pour une vue d’ensemble de la méthode, relisez notre article EFT : définition, origine et bienfaits, et notre guide EFT pour l’anxiété, le stress et le burn-out.
Si une souffrance importante vous traverse en lisant ces lignes, commencez par votre médecin. Et si des idées noires s’installent, le 3114, numéro national de prévention du suicide, répond gratuitement, jour et nuit.
Note : Cette approche s’inscrit dans le cadre du bien-être et ne saurait remplacer une consultation auprès d’un professionnel de santé.
FAQ 
L’EFT est-elle dangereuse ?
Pratiquée sur un stress du quotidien, l’EFT provoque surtout des réactions passagères comme de la fatigue ou des larmes. Le risque apparaît quand on travaille seul un souvenir traumatique et que l’intensité monte sans cadre pour la contenir. Dans ce cas, mieux vaut s’arrêter et consulter un praticien formé ou un professionnel de santé.
Est-ce normal d’être fatigué après une séance d’EFT ?
Oui, c’est une réaction fréquente, surtout après un travail émotionnel intense. Elle s’apaise en général en quelques heures ou après une nuit de sommeil. Reposez-vous, buvez de l’eau et évitez d’enchaîner d’autres rondes le même jour.
Pourquoi ai-je pleuré pendant le tapping ?
Diriger l’attention vers une émotion la rend souvent plus présente quelques instants avant qu’elle ne redescende. Les larmes accompagnent fréquemment cette baisse de tension. Continuez à tapoter doucement en respirant ; si l’intensité ne baisse pas, arrêtez-vous et revenez au présent.
L’EFT peut-elle faire remonter des souvenirs ?
Oui, travailler sur un souvenir en fait parfois apparaître d’autres. Notre manuel conseille de les accueillir sans jugement et de les noter pour les traiter plus tard. Si un souvenir remonte avec une charge très forte, il vaut mieux le travailler avec un praticien.
Qui ne doit pas pratiquer l’EFT seul ?
Les personnes qui portent un traumatisme important, qui se sentent facilement submergées ou qui traversent une période de grande fragilité psychique. C’est aussi le cas en présence d’un trouble psychiatrique suivi ou d’idées noires. L’accompagnement d’un praticien, en lien avec un médecin ou un psychologue, est alors préférable.
Pourquoi l’EFT ne marche-t-elle pas sur moi ?
Les causes les plus fréquentes sont une cible trop large, une phrase de préparation bâclée, un aspect du problème non identifié ou une émotion cachée derrière la première. Des croyances limitantes ou la peur d’être débordé peuvent aussi freiner le travail. Un praticien aide à repérer ces obstacles en quelques questions.
L’EFT est-elle scientifiquement prouvée ?
Des essais et des méta-analyses rapportent des effets sur l’anxiété et le stress post-traumatique, mais leur qualité méthodologique est discutée. L’explication énergétique avancée par les fondateurs n’est pas démontrée. Il est honnête de présenter l’EFT comme une méthode d’accompagnement prometteuse, pas comme un traitement validé.
Peut-on arrêter un traitement si l’EFT fait du bien ?
Non. Un traitement prescrit ne s’arrête ou ne se modifie qu’avec le médecin qui l’a prescrit. L’EFT peut accompagner un suivi, jamais s’y substituer. Un praticien sérieux vous le dira dès la première séance.

Rédigé par
Sarah Rattana
Responsable pédagogique EMDR chez Harmonesis · Kinésiologue certifiée. Formée à l’EMDR (AHTMA), elle conçoit et supervise le cursus EMDR d’Harmonesis selon l’approche « Sécurité Intégrative ».