Comment se libérer de l’alcool grâce à l’hypnose ?

Touchant aussi bien le corps que l’esprit, la dépendance à l’alcool est une addiction bien plus complexe qu’il n’y paraît. Bien que les traitements médicaux demeurent essentiels pour les cas les plus sérieux, l’hypnose s’impose comme un accompagnement complémentaire sérieux et efficace. Car, comme nous allons le voir, elle permet de s’attaquer aux racines profondes de cette addiction à la boisson.
Comment l’hypnose agit-elle sur la dépendance à l’alcool ?
Dans le cas de cette problématique, l’hypnose thérapeutique n’a pas pour but d’effacer l’envie de boire, mais plus de travailler en profondeur pour accéder aux mécanismes qui entretiennent cette terrible addiction. Ainsi, trois axes principaux peuvent expliquer l’efficacité de l’hypnose dans son traitement de l’alcoolisme.
Le rôle de l’inconscient dans les comportements addictifs
Dans la grande majorité des cas, nos comportements automatiques sont pilotés par l’inconscient. Et pour l’addiction à l’alcool – comme pour ceux souhaitant arrêter de fumer -, certains schémas ont fini par s’installer durablement, comme le verre pris machinalement en fin de journée ou la consommation réflexe dans des moments de colère ou d’anxiété.
Pour travailler profondément sur ce mal, l’hypnose place le patient dans un état de conscience modifiée – que l’on appelle aussi l’état de transe -, étape où le mental conscient s’efface afin que le praticien puisse accéder aux programmes inconscients. Durant ce laps de temps, les suggestions thérapeutiques auront un réel impact, pouvant modifier durablement les représentations associées à la consommation d’alcool.
Pour aller plus loin sur les différents états de conscience utilisés, vous pouvez en savoir plus sur les 4 formes d’hypnose.
Reprogrammer les automatismes liés à l’alcool
Dès le moment où le receveur est placé dans un état de transe, l’hypnothérapeute utilise plusieurs techniques de suggestions afin de permettre au patient de dissocier l’alcool des émotions positives associées, comme la convivialité ou le plaisir. Ces visualisations guidées permettent de s’imaginer une vie libérée de cette dépendance.
Ces représentations vont être répétées au fur et à mesure des séances afin de se substituer progressivement aux anciens automatismes. La consommation de boisson va ainsi perdre son statut de réponse “automatique” à certains éléments déclencheurs du quotidien.
Travailler sur les causes émotionnelles profondes
Pour autant, l’alcoolisme est, dans une grande majorité de cas, une réponse à une souffrance émotionnelle profondément enfouie, telle qu’un stress chronique, un traumatisme passé ou un manque de confiance en soi. Le praticien a donc comme objectif de remonter à la source de ce mal-être pour l’identifier et le traiter.
Ce travail sur l’hypnose et l’addiction va permettre au patient de lui-même comprendre et d’accepter des blessures potentiellement ignorées jusqu’ici. Comme un deuil, une rupture sentimentale ou encore un sentiment d’échec.
Déroulement d’une séance d’hypnose pour arrêter l’alcool
Une séance d’hypnose thérapeutique dure généralement entre 60 et 90 minutes, et comprend plusieurs phases :
Le retour à l’état de conscience ordinaire : le retour à la normale se fait progressivement et sans heurt. La séance se clôture généralement par un échange afin d’évaluer le ressenti du patient.
Un entretien préalable : le praticien échange avec le patient pour connaître sa situation précise : ancienneté de la consommation, contexte émotionnel, déclencheurs identifiés, etc. Ce qui permet d’adapter l’approche.
L’induction : en se servant de plusieurs techniques de relaxation – focalisation du regard, suggestions verbales, respirations -, le praticien guide son patient vers un état de transe.
Le travail thérapeutique : ensuite, tel un guide, le praticien utilise des métaphores, des suggestions et des visualisations pour agir sur les émotions négatives du receveur, notamment en ce qui concerne les croyances limitantes liées à sa consommation.
Hypnose et sevrage alcoolique : ce qu’il faut savoir
Tout d’abord, il est essentiel de préciser que l’hypnose ne se substitue pas à une prise en charge médicale, notamment dans les cas de dépendance les plus sérieux. En effet, un sevrage peut entraîner des symptômes graves – une anxiété intense, des tremblements, un risque de paranoïa, etc – qui vont nécessiter un suivi médical, voire une hospitalisation.
Dans ce cas, l’hypnose va intervenir en complément du suivi avec un médecin, tel un soutien psychologique. Notamment pour renforcer la motivation à maintenir l’abstinence et prévenir les possibles rechutes en modifiant les automatismes inconscients. Vous souhaitez vous former à ces techniques pour accompagner vos propres clients ? Il est possible de devenir praticien en hypnose (url : devenir praticien en hypnose).
Conseils pour maximiser l’efficacité de l’hypnose contre l’alcool
Choisir un praticien qualifié : optez pour un professionnel formé via une formation en hypnose certifiée Qualiopi (url : formation en hypnose certifiée qualiopi), symbole de compétences reconnues par l’Etat ;
Maintenir un suivi régulier : ce qui est déterminant pour ancrer de nouveaux schémas comportementaux ;
Pratiquer entre les séances : certains hypnothérapeutes enseignent des techniques de relaxation, voire d’auto-hypnose, à réaliser chez soi afin de renforcer le travail réalisé en séance ;
Combiner les approches : l’hypnose ne fera que gagner en efficacité en étant associée à d’autres formes de thérapies, comme les groupes de parole ou les TTC.
FAQ 
Est-ce que l’hypnose fonctionne sur tout le monde pour l’addiction à l’alcool ?
Non, la réceptivité à l’hypnose peut varier d’une personne à une autre. Environ 10% des personnes ne sont pas réceptives, ce qui peut, de ce fait, limiter l’efficacité de cette pratique. Cependant, une partie importante de la population reste sensible et un bon praticien saura adapter ses techniques selon chaque patient.
L’hypnose pour l’alcool est-elle dangereuse ?
Non, c’est sans danger. Il ne s’agit pas de perte de conscience ou de manipulation de l’esprit. Le patient reste maître de lui-même durant tout le processus et n’est pas contraint. Les seuls potentiels risques concernent la résurgence d’émotions douloureuses lors d’un travail sur des traumatismes anciens, ce qui souligne l’importance de faire appel à un praticien expérimenté.
Peut-on associer l’hypnose à un traitement médical contre l’alcoolisme ?
Absolument. L’hypnose ne remplace pas un traitement médical, mais elle le complète. Là où les médicaments vont agir sur la dimension physique, l’hypnose, elle, s’occupe de la dimension psychologique et émotionnelle de la dépendance. Un accompagnement coordonné est la meilleure prise en charge possible.
Hypnose vs sophrologie pour l’alcool : quelle approche choisir ?
Malgré leurs points communs, ces deux techniques diffèrent par leur profondeur d’action. Ainsi, la sophrologie agit sur le conscient via des exercices de relaxation et de visualisation en état de conscience ordinaire. Tandis que l’hypnose accède à l’inconscient pour modifier profondément les schémas automatiques. Ce qui, dans le cas d’une dépendance à l’alcool, peut offrir un travail plus ciblé et profond. Bien que les deux approches puissent se compléter.
L’auto-hypnose peut-elle suffire pour se libérer de l’alcool ?
L’auto-hypnose reste un outil précieux, mais elle ne remplace pas l’accompagnement d’un praticien qui saura traiter les causes profondes de l’addiction.